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Concerto pour violon et orchestre « Les Amants Papillons »

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Le concerto pour violon et orchestre de Liang Shanbo et Zhu Yingtai est connu en dehors de la Chine sous le nom « Les amants papillons » (« The Butterfly Lovers »). Il a été composé en 1958 par deux étudiants du conservatoire de Shangaï, He Zhanhao et Chan Gang.

Ce concerto est une synthèse de la musique traditionnelle chinoise et de la tradition classique occidentale. Ses mélodies et son style s’inspirent de l’opéra chinois, la technique du violon rappelle celle du violon chinois à deux cordes et l’orchestre est classique (on y ajoute deux percussions typiquement chinoises).

L’histoire :

C’est une musique à programme, en un seul mouvement, qui raconte l’histoire, inspirée du folklore chinois, d’une jeune fille, Zhu Yingtai, qui se déguise en garçon pour aller à l’école (à l’époque, interdite aux filles). Cette jeune fille tombe amoureuse d’un de ses compagnons de classe, Liang Shanbo, qui ignore évidemment que son ami est une femme. Les trois grandes parties du concerto correspondent aux trois développements de l’histoire : l’amour, la révolte et la transfiguration.

L’œuvre commence par un solo de flûte, accompagné par les trémolos des cordes. Le hautbois présente le premier thème, qui décrit une journée de printemps radieuse et ensoleillée. Le violon solo, accompagné par la harpe, expose ensuite le thème principal, accompagné du violoncelle, exprimant ainsi la première rencontre entre le jeune étudiant Liang Shanbo et la jeune fille Zhu Yingtai, déguisée en garçon. Ils se promettent une amitié éternelle. Une cadence du violon conduit à un rondo animé, dans lequel le soliste répond à l’orchestre.

Après trois années d’études et d’amitié heureuse, les deux étudiants doivent rentrer chez eux. Le mouvement ralentit vers un adagio : violon et violoncelle dialoguent et expriment la douleur de leur séparation. Puis les timbales, le gong, le violoncelle et le basson laissent planer une ombre menaçante.

Zhu Yingtai, en rentrant chez elle, découvre que son père a arrangé son mariage. Sa révolte et son conflit s’expriment violemment : les cuivres sont menaçants, le violon solo répond à de puissants accords de l’orchestre par des cadences très expressives, puis par des syncopes et des envolées fougueuses. Les thèmes se mélangent, s’accélèrent jusqu’au paroxysme.

L’adagio qui suit arrive soudain, introduit par un court solo de clarinette. Violon et violoncelle, en duo, font apparaître l’amour qui unit les deux étudiants. Liang Shanbo, le jeune homme, vient en effet visiter son ami et découvre qu’elle est une fille sur le point de marier ! Il réalise alors la nature de son affection et meurt de désespoir… La musique passe alors brutalement à un tempo rapide. Elle alterne le violon solo dans des phrases libres et plaintives avec des tutti d’orchestres violents. Cette technique est empruntée aux opéras traditionnels de Shaoxing et Pékin. Yangtai crie son désespoir, jusqu’à une dernière cadence du violon solo. Elle se jette dans la tombe qui vient de s’ouvrir ! La musique monte alors vers le point culminant du concerto, introduite par le son puissant du gong.

papillonLes thèmes réapparaissent, amplifiés par l’orchestre au grand complet.

La dernière partie voit revenir soudain, dans un tempo tranquille, la reprise du thème par la flûte et la harpe, puis par les cordes en sourdine. Émergeant de la tombe, deux papillons s’envolent, réincarnation des deux amants disparus. Le violon solo, la clarinette, la flûte et l’orchestre dialoguent jusqu’à l’envol, aérien et diaphane.

© Orchestre Universitaire de Brest